Maryse Éwanjé-Épée est une athlète française de saut en hauteur qui a marqué l’histoire du sport national avec un record de 1,96 m établi en 1985, resté invaincu pendant 22 ans. Figure emblématique de l’athlétisme hexagonal, elle incarne à la fois l’excellence sportive, la résilience et une reconversion réussie dans les médias et l’encadrement sportif. Voici ce que nous abordons dans cet article :
- Son parcours depuis l’enfance jusqu’aux plus hautes compétitions
- Ses exploits techniques et ses titres nationaux et internationaux
- Son passage aux Jeux Olympiques et ses médailles européennes
- Sa carrière après le sport de haut niveau
- Son engagement pour la transmission et l’inclusion
Nous vous proposons un regard complet sur cette personnalité inspirante, qui continue d’influencer le monde du sport français.
Qui est Maryse Éwanjé-Épée ?
Maryse Éwanjé-Épée est née le 4 septembre 1964 à Poitiers. Fille d’un musicien camerounais et issue d’une famille multiculturelle, elle grandit dans un environnement où le sport occupe une place centrale. Sa sœur Monique deviendra elle aussi championne d’athlétisme, faisant de leur famille une véritable dynastie sportive française.
Dès l’adolescence, Maryse se distingue par son talent naturel et sa détermination. Elle se spécialise rapidement dans le saut en hauteur, discipline exigeante qui requiert technique, explosivité et mental d’acier. À seulement 15 ans, elle remporte son premier championnat national junior, annonçant déjà une carrière prometteuse.
Mariée depuis 1988 à Marc Maury, lui-même issu du milieu sportif, elle est mère de quatre enfants. Après sa carrière d’athlète, elle obtient un diplôme en journalisme et suit des formations en gestion sportive, lui permettant de se reconvertir avec succès dans l’encadrement et les médias.
Enfance, origines et premiers pas dans l’athlétisme
Maryse découvre le sport très jeune à l’école Vercingétorix d’Aubière, où ses capacités physiques attirent rapidement l’attention des éducateurs. Dans une France des années 1970 encore peu habituée à la diversité dans le sport de haut niveau, elle s’impose par son travail et son talent.
Son parcours la conduit ensuite au Montpellier Université Club, où elle est prise en main par Dominique Biau, entraîneur qui jouera un rôle déterminant dans son développement technique. Sous sa direction, Maryse affine sa technique de saut, travaille sa détente verticale et construit les bases d’une carrière d’exception.
La discipline du saut en hauteur exige une coordination parfaite entre la course d’élan, l’impulsion et le franchissement de la barre. Maryse y consacre des heures d’entraînement quotidiennes, développant une approche méthodique et rigoureuse qui deviendra sa signature.
Une ascension rapide : débuts et premières victoires
Les années 1980 marquent l’explosion de Maryse Éwanjé-Épée sur la scène nationale. Entre 1982 et 1996, elle domine littéralement le saut en hauteur français, accumulant les titres avec une régularité impressionnante.
Ses titres nationaux en plein air : 1982, 1983, 1984, 1985, 1988, 1993, 1995 et 1996. Soit 8 titres de championne de France, preuve de sa constance et de sa longévité exceptionnelles dans un sport pourtant éprouvant physiquement.
Ses titres nationaux en salle : 1982, 1983, 1984, 1986, 1989, 1990, 1994 et 1996. Ici encore, 8 titres qui témoignent de sa domination sur plus d’une décennie.
Cette période voit également ses premières distinctions internationales. En 1983, à l’Universiade d’Edmonton, elle décroche une médaille de bronze, sa première récompense sur la scène mondiale. La même année, elle monte sur le podium des Championnats d’Europe en salle à Budapest avec une nouvelle médaille de bronze.
L’année suivante, en 1984 à Göteborg, elle améliore sa performance européenne en salle avec une médaille d’argent. Ces résultats confirment qu’elle n’est pas seulement une championne nationale, mais une athlète capable de rivaliser avec les meilleures mondiales.
Le record historique de 1985
Le 21 septembre 1985 reste une date gravée dans l’histoire de l’athlétisme français. Ce jour-là, Maryse Éwanjé-Épée franchit 1,96 m en plein air, établissant un record de France qui tiendra pendant 22 ans. Cette performance extraordinaire la propulse au rang de légende vivante.
Pour mesurer l’ampleur de cet exploit, rappelons qu’en 1985, le record du monde féminin était détenu par Stefka Kostadinova avec 2,07 m. Avec ses 1,96 m, Maryse se positionnait donc à seulement 11 centimètres de la meilleure performance mondiale, plaçant la France parmi les nations majeures du saut en hauteur.
Son record en salle, établi à 1,95 m, témoigne également de sa polyvalence et de sa capacité à performer dans différentes conditions. Certaines sources mentionnent un saut de 2,05 m en 2005, mais cette donnée reste sujette à vérification et ne figure pas dans les archives officielles de la Fédération Française d’Athlétisme.
Ce qui rend ce record encore plus remarquable, c’est sa longévité. Il faudra attendre 2007 pour qu’une autre athlète française le dépasse, preuve de l’avance technique et physique que Maryse avait sur ses compatriotes et de l’excellence de son niveau durant cette période dorée.
Une carrière internationale riche en émotions
Au-delà de ses exploits nationaux, Maryse Éwanjé-Épée a régulièrement représenté la France dans les compétitions internationales majeures. Sa présence constante dans le top 8 mondial durant les années 1980 témoigne de son niveau d’excellence et de sa capacité à performer sous pression.
Les Championnats d’Europe en salle ont été particulièrement généreux avec elle. Après ses médailles de 1983 et 1984, elle décroche une troisième récompense en 1989 à La Haye avec une nouvelle médaille de bronze. Cette capacité à revenir au plus haut niveau après plusieurs années montre sa remarquable longévité sportive.
Comme toute carrière de haut niveau, celle de Maryse a connu des hauts et des bas. Des blessures, des moments de doute, des défaites difficiles à digérer. Mais ce qui la caractérise, c’est cette résilience, cette capacité à se relever et à revenir plus forte. Son mental d’acier est devenu légendaire dans le milieu de l’athlétisme français.
En 2010, elle franchit une nouvelle étape en dirigeant une équipe mixte lors des Championnats d’Europe, démontrant sa capacité à transmettre son expérience et à encadrer la nouvelle génération.
Jeux Olympiques : les moments forts
Les Jeux Olympiques représentent le sommet de toute carrière d’athlète. Maryse Éwanjé-Épée a eu l’honneur de participer à deux éditions, vivant des moments intenses et contrastés.
Los Angeles 1984 marque son baptême olympique à tout juste 20 ans. Elle y réalise une performance remarquable en terminant 4ᵉ, au pied du podium. Cette place, si elle peut sembler décevante, constitue un exploit pour une jeune athlète face à la concurrence mondiale. Elle passe à quelques centimètres seulement d’une médaille olympique, expérience qui la marquera durablement.
Séoul 1988 se révèle plus difficile. Maryse termine 10ᵉ de la compétition, un résultat en deçà de ses ambitions mais qui s’explique par le contexte d’une carrière déjà longue et les défis physiques accumulés. Participer à deux Jeux Olympiques reste néanmoins un privilège rare, vécu par moins de 1% des athlètes de haut niveau.
Ces expériences olympiques ont forgé son caractère et nourri sa vision du sport. Elles lui ont appris l’humilité, la persévérance et l’importance de la préparation mentale, des leçons qu’elle transmet aujourd’hui aux jeunes athlètes qu’elle accompagne.
Une reconversion exemplaire au service du sport
Après avoir raccroché les pointes, Maryse Éwanjé-Épée ne quitte pas le monde du sport, bien au contraire. Elle entame une reconversion remarquable qui fait d’elle une figure respectée du paysage sportif français.
Dans les médias, elle devient chroniqueuse sportive reconnue, notamment dans Le Super Moscato Show sur RMC. Sa voix, son regard technique et son expérience apportent une crédibilité et une profondeur d’analyse appréciées des auditeurs. Elle participe également à diverses émissions télévisées, démocratisant l’athlétisme auprès du grand public.
Dans l’encadrement sportif, elle occupe le poste de responsable des sports à Noisy-le-Grand, où elle développe de nombreuses initiatives. Ses projets incluent des stages de perfectionnement pour jeunes athlètes, des conférences sur la place des femmes dans le sport, et des programmes pour encourager la pratique sportive à l’école.
Ambassadrice d’associations sportives, elle est régulièrement consultée pour définir les politiques sportives nationales. Son engagement pour l’inclusion, l’égalité des chances et la transmission fait d’elle bien plus qu’une ancienne championne : une militante active du sport pour tous.
Un héritage durable
Maryse Éwanjé-Épée incarne ce que le sport français peut produire de meilleur : l’excellence technique, la résilience face aux obstacles, et une carrière après-sport au service de la communauté. Son nom reste associé à une époque dorée de l’athlétisme national.
Nous voyons en elle un modèle inspirant, qui prouve qu’avec du travail, de la détermination et un mental solide, il est possible d’atteindre les sommets et de continuer à rayonner longtemps après. Son parcours nous rappelle que la vraie grandeur ne se mesure pas seulement aux médailles, mais aussi à la capacité de transmettre et d’inspirer les générations futures.

